Trunyan. Village des morts mystérieux à Bali
Ce lieu est depuis longtemps enveloppé de secrets et de légendes. Des rumeurs terrifiantes circulaient au sujet du village et de ses habitants, au point qu’il était considéré comme dangereux pour les touristes de s’y rendre. Bien sûr, tout cela n’est que fiction ! Trunyan devient de plus en plus célèbre, des étrangers s’y rendent, et la petite communauté balinaise des Bali Aga les accueille avec intérêt.

Bali Aga
Les Bali Aga sont un peuple ancien habitant ces terres, qui vivait à l’origine à Bali bien avant que l’île ne fasse partie de l’Indonésie. Ils furent les premiers habitants de l’île et, aujourd’hui encore, ils se distinguent des autres nationalités, comme les Balinais ou les Javanais. Bali Aga se traduit par « gens des montagnes », mais les habitants eux‑mêmes n’aiment pas cette appellation car elle sous‑entend qu’ils sont stupides. Ils préfèrent se nommer Bali Mula, ce qui signifie essentiellement la même chose sans être offensant. Les Bali Aga vivent au milieu des montagnes, dans les zones les plus reculées de Bali. D’où ce nom.
Pendant de nombreux siècles, ce peuple a réussi à éviter les contacts avec les autres Indonésiens et les Européens, c’est pourquoi on peut sans hésitation les qualifier de Balinais les plus purs et les plus autochtones. Ils ont également réussi à préserver leur culture et leurs traditions. Ils utilisent leur propre dialecte, vieux de plus de mille ans, et pratiquent l’ancienne religion de l’animisme, qui implique le culte des objets et des forces de la nature.
Pourquoi appelle-t-on Trunyan le village des morts ?
En réalité, le village est devenu célèbre en raison du cimetière local, situé au cœur de la forêt. Contrairement à la plupart des autres endroits à Bali, on n’y pratique pas la crémation. À la place, les corps des défunts sont déposés sous un dôme de bambou et de feuilles de palmier et laissés à l’air libre, où ils subissent un processus de décomposition naturelle. Il est surprenant qu’il n’y ait pas d’odeur particulière au cimetière. Selon les croyances, un arbre ancien appelé Menyan, sous lequel on dispose les défunts, neutralise les odeurs. Les habitants considèrent cet arbre comme magique.

Mais tout le monde ne peut pas être enterré dans ce cimetière : seulement les hommes et les femmes mariés morts de mort naturelle. Les enfants, les jeunes qui ne se sont pas encore mariés, ainsi que les personnes décédées d’accidents, d’infections, etc., sont enterrés dans la terre, dans deux autres cimetières.
Comment se déroule l’inhumation ?
Le rituel traditionnel consiste à laver le corps du défunt, à l’envelopper dans un tissu en ne laissant dépasser que la tête, et à y ajouter des objets et ustensiles domestiques. Les hommes transportent le corps jusqu’à l’arbre sacré en bateau, tandis que les femmes ne sont pas autorisées sur le lieu d’inhumation. Pour protéger les morts des animaux sauvages, leurs corps sont placés dans des cages tressées en bambou. En général, on peut voir 11 abris dans le cimetière et, lorsqu’ils sont tous pleins, on retire les ossements et les crânes du premier pour les déposer sur les marches en pierre.
Afin d’enterrer un proche dans ce cimetière, la famille doit réunir de l’argent et attendre son tour pour la cérémonie. Pour cette raison, il n’est souvent pas possible d’inhumer le corps immédiatement, et il peut rester à la maison pendant plusieurs semaines. Pour éviter toute odeur, on le traite au formol.

Les historiens considèrent que cette coutume est très ancienne, existant bien avant l’arrivée des premiers hindous à Bali. Les habitants affirment quant à eux qu’ils ne brûlent pas les corps afin de ne pas courroucer le volcan, qui se trouve juste de l’autre côté du lac Batur.
Le cimetière lui‑même se trouve à un demi‑kilomètre du village de Trunyan et est entouré sur trois côtés par une jungle impénétrable et de hautes collines, si bien qu’on ne peut y accéder qu’en bateau. On pourrait penser que le cimetière a l’air abandonné : vêtements, objets domestiques et crânes, que les singes ont éparpillés, sont partout. Les Balinais ne s’occupent pas de leur cimetière et ne le nettoient pas. Malgré l’atmosphère plutôt sombre qui y règne, les touristes remarquent qu’il se dégage en ce lieu un sentiment particulier de calme et d’unité avec le monde.
Le village de Trunyan
Le village de Trunyan est situé à Kintamani, sur la rive est du lac Batur, en face du volcan du même nom. Vous pouvez donc visiter le village sur le chemin du retour après l’ascension du volcan. L’établissement possède également certaines caractéristiques qui le distinguent des autres. C’est la dernière agglomération sur la route et il est donc isolé. Trunyan est entouré d’une clôture, ses portes sont fermées la nuit, et tous les habitants doivent être rentrés avant le coucher du soleil.
Le village est très petit, composé d’un front de mer et de quelques ruelles étroites. Il est évident que les gens y vivent dans une grande pauvreté. Vous remarquerez que le mode de vie, l’architecture et même les habitants de Trunyan diffèrent du reste de Bali.

On disait que les Bali Aga, habitués à vivre isolés, n’étaient pas très hospitaliers, mais ce n’est pas vrai. Ils sont toujours heureux de montrer leur cimetière inhabituel à ceux que cela intéresse ; toutefois, il arrive que des touristes se mettent à toucher les crânes et à poser avec eux pour des photos, ce qu’ils n’apprécient pas. De plus, ils n’aiment vraiment pas que des personnes extérieures essaient de se faufiler dans le cimetière avec l’aide de guides non autorisés.

Notre société propose des excursions privées comprenant l’ascension du mont Batur et la visite du village de Trunyan. Des départs ont lieu tous les jours pour des groupes de deux personnes ou plus. Vous pouvez trouver la description du programme ici.
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